La pêche au thon rouge, une spécialité Sétoise...

A bord d’un senneur sétois il y a près de 10 ans. Désormais, le transfert des thons se fait directement des filets vers des cages, ensuite tractées par les mareyeurs vers des sites d’engraissement. Ce thon-là est exclusivement destiné au marché japonais.

 Désormais, le transfert des thons se fait directement des filets vers des cages.

 Désormais, le transfert des thons se fait directement des filets vers des cages.

L'organisation de producteurs Sathoan, basée face au môle de Sète, réunit la moitié du quota français. 1238 tonnes de poisson que se "partageront" ses adhérents, senneurs et petits-métiers.

Les chiffres ? On leur fait dire ce qu’on veut. Mais pas en terme de pêche au thon rouge, une des plus réglementées au monde. Et cette année encore, quand on y regarde de plus près, la mathématique ne laisse aucun doute : la pêche au thon reste une spécialité sétoise.

Sur les 2 471 tonnes de quota français de thon rouge pour 2014, 2 200 tonnes sont attribuées à la Méditerranée, 247 à l’Atlantique, 25 à la plaisance. 1 970 de ces 2 200 tonnes seront pêchées à la senne (au filet, NDLR), 230 par les petits-métiers. Et pas moins de 1 238 tonnes par des navires sétois membres de l’organisation de producteurs (OP) Sathoan !

L’OP, qui a dû faire face à de lourdes difficultés financières (dues essentiellement à l’effondrement des stocks de sardines et anchois) regroupe une quarantaine de bateaux. Et neuf senneurs (la Méditerranée en compte 23, Sète une douzaine), dont huit prendront la mer pour la campagne 2014 (et deux autres thoniers sétois non adhérents de l’OP). Elle se déroulera du 26 mai au 24 juin. Voilà pour la grosse artillerie.

Les palangriers ont commencé à pêcher

Mais l’organisation compte aussi 28 petits-métiers de 8 à 17 m qui, à 90 %, pêchent à la palangre, les autres étant des canneurs-ligneurs (pêche à la traîne ou à la ligne et au “broumé”). Les titulaires d’une AEP (autorisation européenne de pêche) “Thon rouge”, auront chacun le droit de pêcher 400 kg de thon au minimum et jusqu’à plusieurs tonnes en fonction de l’antériorité (notons que cinq pêcheurs non adhérents à la Sathoan mais au Syndicat des petits-métiers du Languedoc Roussillon en sont aussi titulaires).

Les périodes de pêche que ces navires doivent respecter ne sont pas les mêmes que celles des thoniers. Et varient, même, selon qu’il s’agit de palangriers ou de canneurs-ligneurs. Les palangriers de moins de 24 m qui sont inscrits aux registres de l’Iccat (Commission pour la conservation des thonidés de l’Atlantique) ont le droit de pêcher le thon toute l’année. Ou du moins dès qu’une licence leur est délivrée : depuis le 7 avril cette année (le 17 l’an dernier)...

"L’idéal serait de pouvoir pêcher dès la fin du mois de février, confie le directeur de la Sathoan Bertrand Wendling. Nous y travailllons." Les canneurs-ligneurs de Méditerranée auront, eux, du 1er juillet au 31 octobre pour “faire” leur quota. Toute une économie qui concernera environ 150 personnes sur Sète, embarquées sur les différents types de bateaux à raison de 12 à 14 marins par senneurs, de un à deux hommes par petit-métier. 

On ne consomme localement que le thon rouge pêché à l'hameçon 

En revanche, les marchés local comme national ne seront que modérément alimentés par le thon rouge pêché par la flotte française et donc essentiellement sétoise. Le poisson des senneurs - la grande majorité des prises - ne verra en effet jamais les côtes françaises. Ni même le pont des thoniers. Sous contrôle vidéo et d’un inspecteur de l’Iccat, les thons sont directement transférés des filets à des cages qui sont ensuite tractées par les mareyeurs vers les sites d’engraissement. Où des acheteurs japonais prendront livraison du poisson avant qu’il soit abattu, et surgelé.

Le seul thon rouge auquel le consommateur hexagonal aura accès (hormis quelques rares importations d’Espagne et d’Italie) sera celui issu des quotas des petits-métiers de Méditerranée et des pêcheurs d’Atlantique, soit 500 tonnes en tout et pour tout.

500 tonnes que les mareyeurs et, en aval, les poissonniers, ne manqueront pas de s’arracher tant l’engouement pour le thon cru (bien que tempéré par la frilosité des grandes surfaces) ne se dément pas.

Acheté entre 10 à 12 € au pêcheur, revendu 15 € environ par le mareyeur au détaillant, le thon rouge a un “rendement” de 35 à 40 % une fois tête et arête enlevés. Aussi n’est-il pas surprenant que dans certaines poissonneries haut de gamme des métropoles françaises, cette “autre spécialité sétoise” s’écoule à près de 60 € le kilo. A 28 € aux halles de Sète, c’est donc encore une bonne affaire.

 

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Date de dernière mise à jour : 01/06/2016